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Et si on arrêtait de former les commerciaux ?

État de l’art

Depuis des décennies, la formation commerciale suit le même rituel : deux jours en salle, des slides bien ficelés, quelques jeux de rôle, et la promesse de « repartir avec des outils concrets ».

Sur le moment, tout le monde est motivé, convaincu, prêt à appliquer.

Mais six mois plus tard, les réflexes s’estompent, les priorités reprennent le dessus, et les bonnes intentions s’effacent.

Entre-temps, le marché, lui, a encore changé. Les clients sont plus exigeants, mieux informés, moins disponibles. Les canaux se multiplient, les cycles de décision se raccourcissent, et la technologie s’invite partout.

Former aujourd’hui comme on le faisait hier, c’est comme apprendre à nager sur YouTube sans jamais se mouiller.

La théorie rassure, mais seule la pratique transforme.


Constats

Le problème n’est pas la formation en soi, mais le modèle sur lequel elle repose.

On continue souvent à confondre former et entraîner.

Former, c’est transmettre un savoir.

S’entraîner, c’est transformer ce savoir en réflexes, en attitudes, en automatisme professionnel.

Or, dans la vente, la différence se joue précisément là : dans l’instant, face au client, quand la théorie laisse place à la pratique.

Nos commerciaux n’ont pas besoin d’empiler les concepts : ils ont besoin de pratiquer, de répéter, d’expérimenter, d’être challengés, coachés, stimulés.

Les neurosciences le rappellent : c’est la répétition contextualisée qui ancre l’apprentissage.

Et cela ne se fait pas en deux jours de stage, mais dans la durée, avec des formats variés, adaptés à chaque rythme et à chaque profil.


Prospective

Heureusement, les outils existent.

Aujourd’hui, nous disposons d’un arsenal pédagogique complet :

  • Présentiel et distanciel pour combiner la proximité et la flexibilité,
  • Synchrone et asynchrone pour s’adapter aux emplois du temps,
  • Micro-learning pour ancrer dans la durée,
  • Communautés apprenantes pour mutualiser les bonnes pratiques,
  • et désormais, l’intelligence artificielle et les agents IA, capables de simuler des situations de vente, de donner du feedback immédiat, et de proposer des parcours individualisés d’entraînement.

La formation commerciale de demain ressemblera moins à une salle de classe qu’à une salle d’entraînement.

Les commerciaux y viendront non pas pour “apprendre” mais pour se préparer, s’exercer, corriger, progresser — comme le font les sportifs de haut niveau.

L’enjeu n’est plus de transmettre un contenu, mais de cultiver la performance collective.


Enseignements et ouverture

La formation doit évoluer, car le monde, les clients et les outils ont changé.

Le vrai enjeu pour les directions commerciales n’est plus de former ponctuellement, mais de créer un écosystème d’apprentissage permanent, où chaque commercial s’entraîne, partage, s’autoévalue, et améliore ses réflexes.

Les Dircos ont un rôle clé à jouer dans cette mutation :

  • en donnant du sens à ces nouveaux formats,
  • en valorisant l’entraînement comme un levier de performance,
  • et en devenant eux-mêmes des “coachs d’apprentissage”.

Former, c’est bien.

Mais entraîner, c’est durable, collectif et performant.

Alors oui, peut-être est-il temps d’arrêter de former les commerciaux —

pour enfin commencer à les entraîner.

Publié le 19 janvier 2026